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 Sorceleur, tome 1 : le dernier vœu - Andrzej Sapkowski

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MessageSujet: Sorceleur, tome 1 : le dernier vœu - Andrzej Sapkowski   Lun 29 Déc - 14:45

Sorceleur, tome 1 : le dernier vœu de Andrzej Sapkowski


Résumé :
    Geralt de Riv est une créature mi-humaine mi-magique. À la fois mage et guerrier, c'est un mercenaire redoutable, un chasseur de monstres dont la réputation n'est plus à faire : c'est le meilleur sorceleur jamais connu. Son étrange apparence (de longs cheveux blancs et des yeux nyctalopes) fait de lui un héros solitaire. Tueur à gages parfait, il va de ville en ville pour gagner sa vie. Il croise sur sa route nombre de personnages pittoresques, qui lui offrent parfois l'amitié ou l'amour. Mais Geralt de Riv, armé de sa dague et de son humour caustique, ne cherche qu'une chose : retrouver sa part d'humanité perdue.

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« Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi. »

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MessageSujet: Re: Sorceleur, tome 1 : le dernier vœu - Andrzej Sapkowski   Lun 29 Déc - 14:45

J'ai découvert ce livre sur Lecture imaginaire et l'idée de la réécriture des contes et d'un être chargé de les traquer m'a tout de suite fait envie.

L'histoire racontée par Sapkowski n'est pas linéaire : Geralt est gravement blessé lors d'un combat contre une goule et va se soigner et se reposer dans un temple tenu par une amie, laquelle sent que le destin se noue autour de lui et le pousse à accepter qu'une des religieuses entre en transe afin de comprendre ce qui lui arrive. Au fur et à mesure de leurs discussions à propos de cette possible transe, l'auteur fait des retours dans le passé pour nous présenter d'autres aventures de Geralt, nous montrer le chemin qui l'a conduit jusque là, nous aider à comprendre qui il est. J'apprécie ce principe d'une histoire/quête par chapitre, le tout faisant partie d'une histoire plus globale, car ça permet de se consacrer sur chaque aventure à fond, et ça évite les grandes envolées épiques dont je ne suis pas forcément fan.

Le monde présenté est plutôt cohérent, avec ses royaumes, ses oppositions, de la bonne politique, et tout ce qui tourne autour des monstres et du surnaturel tient bien la route aussi, avec qui plus est pas mal de variété. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé le traitement des différents monstres tout au long du roman car, même s'ils n'apparaissent que rapidement, ils ont tous de la profondeur. De plus, ils sont tous très fortement individualisés, et Sapkowski ne verse pas dans la caricature du monstre bête et méchant, bien au contraire. Les références aux contes de fées ne sont pas très nombreuses, mais judicieusement intégrées à l'histoire, et prennent souvent le contre-pied de l'histoire originale (ce n'est certes pas une nouveauté, mais ce n'est pas toujours bien fait, ce qui n'est pas le cas ici).

Le personnage de Geralt de Riv évite lui aussi la caricature, alors qu'avec le look albinos et nyctalope il aurait fait un parfait spécimen du genre. Il est certes plutôt taciturne, mais ne se limite heureusement pas à ça, et ses diverses aventures permettent d'explorer un grand nombre de facettes de sa personnalité. On évite aussi la complainte de l'enfance malheureuse, de la vengeance et de la rédemption, même si à la fin du livre des mystères demeurent sur son histoire et sa personnalité.

Au final, c'est un livre que j'ai bien aimé, mais j'ai quelques hésitations concernant la suite car, de ce que j'ai compris, c'est une histoire plus linéaire, qui abandonne le format « souvenirs d'aventures ». Mais bon, je la lirai quand même pour voir et me forger une opinion.

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« Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi. »

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MessageSujet: Re: Sorceleur, tome 1 : le dernier vœu - Andrzej Sapkowski   Lun 29 Déc - 15:17

J'avais lu ce premier tome et j'avais beaucoup apprécié.

Les principes de bases ne sont pas originaux, comme le fait de raconter une histoire par flash-backs ou bien prendre le contrepied de contes de fées, mais ici cela sert vraiment bien le propos.
J'avais pu voir que beaucoup de personnes voyaient en Geralt un Elric bis, personnellement, je n'ai pas lu la série de Moorcock donc je ne peux pas vraiment juger la comparaison, mais je trouve le personnage de Geralt bien pensé. On évite effectivement de tomber dans les clichés et le mystère qui demeure autour n'est pas surfait. C'est le nécessaire pour créer quelqu'un de charismatique.
J'avais également beaucoup apprécié l'explication de la condition de sorcières, comment ces dernières en sont arrivées à apprendre la magie et surtout comment sont-elles sélectionnées. C'est assez surprenant et plutôt osé comme raisonnement.

Il faudrait que je me plonge dans la suite car après tout, si je souhaitais lire cette saga, c'est parce que je suis absolument fan du jeu vidéo ! La série vidéo-ludique est la suite des romans de l'auteur, Geralt est amnésique et cherche à reformer les bribes de son passé, ses aventures le menant à prendre part à la politique même si ce n'est pas son but premier. J'attends d'ailleurs le troisième opus avec impatience. Du coup, j'aimerais suivre les aventures littéraires de Geralt, certaines s'attardant sans aucun doute sur des éléments flous des jeux.
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MessageSujet: Re: Sorceleur, tome 1 : le dernier vœu - Andrzej Sapkowski   Mar 7 Juil - 11:45

J'ai effectué récemment une deuxième lecture de ce livre. La première datant d'il y a deux ans, ce ne fut pas un mal de me rafraîchir la mémoire avant d'entamer la suite de la saga.

Comme cela a déjà été signalé, Le Dernier Vœu est composé de sept nouvelles, à savoir La voix de la raison, Le Sorceleur, Un grain de vérité, Le moindre mal, Une question de prix, Le bout du monde, et enfin, la nouvelle éponyme. Toutefois, bien que chaque récit raconte un événement de la vie de Geralt, la construction du recueil ne suit pas un ordre chronologique, utilisant l'analepse de façon intelligente.
Le moment présent nous est raconté par la nouvelle La voix de la raison. Le protagoniste séjourne dans un temple vénérant la déesse Melitele, régit par la prêtresse Nenneke. Il y soigne ses blessures, et discute avec la dirigeante, tout comme avec Iola, une jeune fille récemment intégrée au culte. Par le biais de ces discussions, le souvenir d'une mission est évoqué, ce qui introduit une nouvelle qui nous raconte en détail ce souvenir. Ainsi, La voix de la raison est entrecoupée de nouvelles qui sont présentées comme des périodes plus ou moins antérieures à leur évocation. Par exemple, Le Sorceleur détaille les raisons de la blessure qui a mené Geralt à se rendre au temple, tandis que les autres se déroulent bien avant, même si aucune date précise n'est indiquée.
Le principe du flash-back permet d'apporter un véritable dynamisme que n'aurait pas eu une construction linéaire. De plus, la nouvelle sectionnée permet d'explorer différent style de narration à travers ses segments. Certains sont purement descriptifs, d'autres sont plus classiques, mais le meilleur d'entre eux se présente sous la forme de monologue. Cette section est intelligemment introduit, puisque Geralt se trouve dans le besoin de parler, sans attendre une quelconque réponse, ce qui l'amène donc à se confier auprès de Iola qui a fait vœu de silence.

Au niveau de l’univers, on sent que l'auteur a pris soin de le construire. Que ce soit par rapport aux monstres ou aux autres personnages, notamment le protagoniste, le recueil ne tombe jamais dans le manichéisme ou la simplicité. Les monstres ne sont pas des monstres parce que leur apparence l'indique et parce qu'ils sont forcément mauvais, mais c'est un sujet sur lequel je reviendrai un peu plus tard.
Concernant le "héros", Geralt, nous avons affaire à un mutant ayant des réflexes lus élevés que ceux d'un humain ordinaire, et pourtant, il n'en devient pas invincible.Ainsi, il prépare chacune de ses batailles, lorsqu'il en a la possibilité. Pour ce faire, il utilise des élixirs qui lui confèrent de nouvelles capacités : certains le rendent d'être nyctalope, d'autres lui permettent de contrôler le travail des organes de son corps, etc. Toutefois, ces potions sont toxiques, quiconque tenterait d'en ingérer périrait, et seules les épreuves qu'a subi le sorceleur durant sa formation, l'empêchent de succomber. Néanmoins, Geralt doit veiller à ne pas dépasser les doses, car même son métabolisme possède des limites.
Hormis ses deux épées, le sorceleur utilise une autre arme, la magie. Elle est invoquée via cinq signes : Aard permet d'utiliser une force psychokinétique, pouvant propulser de l'énergie vers une direction voulue ; Igni donne le pouvoir d'enflammer ; Yrden est un piège magique servant aussi à sceller des ouvertures ; Quen instaure une barrière de protection ; Axia influence les esprits dans le but de les calmer. Cependant, ces signes ne sont pas des éléments sur lesquels Geralt peut se reposer pour obtenir la victoire. La magie est une chose suffisamment complexe pour qu'une personne décidée à la maîtriser doive y consacrer sa vie. Il est expliqué que les magiciennes sont condamnées à des années d'études et de tortures par mutations, tandis que les sorceleurs sont des autodidactes, d'où la différence de puissance. Ainsi, Geralt possède des outils qui peuvent faciliter son travail, sans pour autant retirer le danger ou les possibles complications.
Rien qu'avec ces éléments, on sent que l'auteur n'a pas souhaité créer un monde où tout peut se résoudre avec des objets ou mixture un tant soit peu magique. Chaque chose à son prix (on apprend d'ailleurs que les sorceleurs et les magiciennes deviennent stériles suite à leur apprentissage), et ce prix n'en vaut pas toujours la peine puisqu'il ne garantit pas la victoire, mais si ce monde s'avère si passionnant, c'est aussi grâce aux thèmes abordés.

À ce sujet, on peut en définir trois qui sont vraiment emblématiques de la série. Le premier est bien entendu ce qui définit un monstre. Geralt fait déjà un commentaire à ce sujet en exposant son premier combat en quittant son école de sorceleur, mais ce sujet est présent tout au long du recueil. L'apparence est-elle le seul terme pouvant expliquer ce qu'est un monstre ? Quelles actions permettent de franchir la frontière entre un être humain et un monstre ? Un monstre est-il dénué de tout sentiment ?
Le deuxième thème est celui du moindre mal. Très lié au premier sujet, il pose également la question de la neutralité des sorceleurs. Geralt évoque souvent cet état, mais il ne peut toujours s'y réfugier et doit effectuer un choix. Intervient donc ici la question, non pas de ce qui semble juste, mais de ce qui paraît être le moins ignoble.
Le troisième thème est le problème du racisme. Les êtres considérés comme non-humains sont les êtres humanoïdes mais différents des Hommes comme les elfes ou les nains. Malheureusement, nombreux d'entre eux furent chassés de leurs terres par les Hommes, ces derniers n'offrant pas toujours la possibilité d'une cohabitation et creusant le fossé entre les deux civilisations. Une des nouvelles exprime bien ce sentiment d'oppression que subissent les non-humains, et les événements font véritablement écho au passé de l'Humanité.
Bref, ce trio insuffle donc une certaine mélancolie au monde dans lequel évolue le sorceleur, tout en expliquant son caractère taciturne. On comprend aisément qu'il est difficile, voire inutile, de jouer les chevaliers blancs quand les mentalités sont gangrenées jusqu'à la moelle.

Enfin, il est souvent évoqué que ce recueil parodie les contes de fées. Certaines nouvelles ont, en effet, un lien très distinct avec des contes européens.
Un grain de vérité reprend l'enjeu de La Belle et la Bête. Un homme se trouve maudit et transformé en monstre, se renfermant donc dans son château. C'est en découvrant un marchand essayant de couper un rose sur son domaine pour l'offrir à sa fille que le maudit se souvient de ces fameuses histoires sur l’amour capable de lever de puissants sortilège.
Le moindre mal reprend l'histoire de Blanche-Neige et les sept nains avec le personnage de Renfri. Surnommée, la Pie-grièche, la jeune fille eut le malheur de naître durant une éclipse. Certains enfants furent ainsi maudit et sujet à des mutations. La belle-mère de Renfri craignant que ce soit également le cas pour sa belle-fille, elle l'envoya dans la forêt avec un soudard, mais à cet instant, la nouvelle nous rappelle que ce monde n'est pas aussi clément. Le soudard fut retrouvé mort, sans pantalon, tandis que la Pie-grièche de confectionna une réputation de voleuse aux châtiments barbares, agissant en compagnie de sept gnomes.
Une question de prix s'éloigne un peu plus des contes puisque l'auteur y pose les fondations de ses futurs livres, mais on peut y reconnaître Cendrillon et Rumplestiltskin, connu également en français sous le titre de Nain Tracassin. Dans un cas nous avons un personnage expliquant qu'il ne peut montrer son visage avant que sonnent les douze coups de minuit, et de l'autre nous avons une demande de Geralt qui s’approche fort de celle du second conte.
Ensuite, les affiliations sont bien plus floues. On peut bien voir une référence aux Mille et une nuits avec le génie du Dernier vœu, mais Le Sorceleur ne semble que reprendre le mythe du vampire, tandis que Le bout du monde ne possède que le sylvain ressemblant à un diablotin qui pourrait rappeler certains contes.

Finalement, Le Dernier Vœu est un recueil très agréable à lire. On voyage en compagnie de Geralt au gré de ses souvenirs et la seule déception que l'on pourrait avoir est de ne pas en savoir davantage sur cet univers.
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Sorceleur, tome 1 : le dernier vœu - Andrzej Sapkowski

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