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 Le fleuve des dieux - Ian McDonald

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MessageSujet: Le fleuve des dieux - Ian McDonald   Mar 24 Mar 2015 - 4:22

Le fleuve des dieux de Ian McDonald


Résumé :
    Tous les Hindous vous le diront, pour se débarrasser de ses péchés, il suffit de se laver dans les eaux du Gangâ, dans la cité de Vârânacî. Et, en cette année 2047, les péchés ce n'est pas ce qui manque : un corps aux ovaires prélevés glisse doucement sur les eaux du fleuve ; des intelligences artificielles se rebellent et causent de tels dégâts qu'une unité de police a été spécialement créée pour les excommunier.
    Gangâ, le fleuve des dieux, dont les eaux n'ont jamais été aussi basses, se rue vers un gouffre conceptuel, technologique, évolutionnaire... ou peut-être tout cela à la fois.

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« Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi. »

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MessageSujet: Re: Le fleuve des dieux - Ian McDonald   Mar 24 Mar 2015 - 4:22

J'avais découvert ce livre par hasard en flânant en librairie, et l'illustration tout comme la quatrième de couverture m'avaient de suite donner envie. Après tout, c'est une des premières fois que je vois l'Inde jouer le premier rôle dans un roman de SF.

L'action se déroule donc en 2047, principalement en Inde, dans la région de Vârânacî. Entre notre époque et celle du roman, l'Inde s'est divisée en plusieurs États, et Vârânacî est la capitale du Bhârat. La mousson n'est pas venue depuis trois ans, et la sécheresse cause des tensions internationales entre le Bhârat et son voisin l'Awadh. Certains chapitres se déroulent dans d'autres régions du sous-continent indien, voire dans l'espace. De plus, l'existence des IA est une réalité, une réalité qui fait si peur à certains que la capacité de ces IA est légalement limité par des accords internationaux, que le Bhârat ne respecte pas vraiment, en faisant un paradis pour les programmeurs de tout poil. Enfin, aspect juste effleuré mais épidermique pour la société indienne, les manipulations génétiques pour donner naissance à des enfants qui grandissent plus lentement, vivent plus longtemps, et sont épargnés par les maladies génétiques, du vieillissement et de civilisation. Ce monde nouveau nous est conté par les yeux de neuf personnages principaux : un gangster qui fournit des ovaires pour des inséminations artificielles, un fonctionnaire chargé d'excommunier les IA illégales, son épouse, le conseiller de la première ministre du Bhârat, une journaliste afghane ayant émigré enfant avec ses parents en Suède, une scientifique britannique, un scientifique américain ayant tout abandonné, un neutre travaillant dans le domaine des soapi, et l'héritier de la plus grande entreprise d'électricité du Bhârat. Et bien sûr, cela ne prend pas en compte tous les personnages secondaires qui viennent encore enrichir le récit. Des hommes, des femmes (chose importante dans cette Inde future où la pénurie de femmes est un problème encore plus aigu qu'il ne l'est déjà actuellement), des origines sociales différentes, des religions variées, plusieurs nationalités ; McDonald rend ainsi la diversité de l'Inde, son bouillonnement, sa complexité, et la fascination qu'elle exerce sur les occidentaux.

Avec autant de personnages, les premiers chapitres du roman peuvent donner l'impression de partir un peu dans tous les sens, et il faut du temps (au moins 350 pages, sur 840) pour qu'un schéma commun commence à se dessiner. Chaque personnage poursuit ses propres objectifs, qui n'ont que rarement de liens entre eux, et c'est le hasard qui finit par les réunir. En plus de ça, d'une façon ou d'une autre, tout se rapporte à la politique au sens large de ce mot, c'est-à-dire à la vie du corps social, à son évolution et son avenir. C'est certainement un des cadres d'intrigue que je préfère, car cela permet des prospectives vraiment intéressantes. Là, il s'agit avant de réflexion sur ce qui est vivant, ce qui est intelligent,et la façon dont les instances établies, politiques mais aussi religieuses, se situent par rapport à ces problématiques. À ces questions essentielles viennent se greffer d'autres problématiques moins centrales dans le roman, mais tout aussi importantes : la sécheresse et le changement climatique, avec des tentatives de manipulations du climat, la place des femmes dans la société indienne, avec la pénurie due aux avortements spécifiques pour des motifs sociaux (le prix de la dot, le fait que seul un fils peut allumer le bûcher funéraire), et les violences que cela engendre, les rapports entre les sexes, avec l'existence des neutres, ni homme ni femme, le poids des castes, principalement dans le nord de l'Inde, la place des musulmans et leurs rapports avec les extrémistes hindous. Tout cela donne un roman très dense, fourmillant de détails, et qui mérite plusieurs lectures pour en saisir toute la portée.

Pour en revenir aux IA, j'ai beaucoup aimé le traitement qu'en fait McDonald. Même si on sent où vont sa sympathie, il n'est ni dans un pessimisme absolu qui voit dans les IA une menace pour l'humanité, ni dans l'angélisme qui voudrait qu'elles résolvent tous les problèmes. À la place, il en fait une espèce différente, avec ses propres impératifs de survie, dont l'intelligence est modelée par le milieu dans lequel elle évolue. Et c'est là que la confrontation avec les humains, leurs visions des IA, leurs façons de les appréhender, de se les imaginer, est intéressante, car l'auteur montre encore toute une variété de réactions parfaitement plausibles, de l'incompréhension et hostilité franches, à l'acceptation totale, voire à l'adoration.

L'écriture ne fait pas de chichi, elle est claire, précise et simple, et ne diffère pas non plus d'un personnage, à une exception notable. Par contre, elle est truffée de mot en hindî, et la présence à la fin du roman d'un glossaire est vraiment indispensable, même si tous les mots rencontrés dans le texte ne s'y trouvent pas.

Au final, c'est une lecture exigeante, mais vraiment passionnante, et j'ai hâte de lire La petite déesse, recueil de nouvelles qui se passe dans le même cadre.

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« Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi. »

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