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 Dans les veines - Morgane Caussarieu

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MessageSujet: Dans les veines - Morgane Caussarieu   Jeu 26 Mar - 21:50

Dans les veines de Morgane Caussarieu


Résumé :
    La canicule enflamme les nuits bordelaises. Une bande de camés dévaste un supermarché. Et tandis que l’on repêche des cadavres exsangues dans la Garonne, des filles perdues poussent leur dernier soupir sur le son du Bathory, nouveau repaire de la faune nocturne. Chargé d’enquêter sur ces événements, le lieutenant Baron suit la trace de tueurs dégénérés avides de sexe, de drogue et de rock’n’roll, bien décidés à saigner la cité girondine.
    Vampires… Le mot, absurde, échauffe les esprits, sans que personne n’ose encore le prononcer. Et alors que l’investigation piétine, Lily, la propre fille de Baron, s’entiche de l’inquiétant Damian, pensant trouver dans cette passion toxique un remède à son mal-être.

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« Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi. »

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MessageSujet: Re: Dans les veines - Morgane Caussarieu   Jeu 26 Mar - 21:51

Si je me souviens bien j'avais vu passer ce livre sur Livraddict, et il m'avait de suite intéressée. Aussi, quand j'ai vu qu'il était disponible dans la médiathèque de ma ville, je n'ai pas hésité une seconde à l'emprunter.

Avant de commencer ma lecture, je n'étais pas certaine que Bordeaux soit un cadre approprié pour une histoire de vampires glauque et violente, telle que celle-ci s'annonçait, mais cette inquiétude a rapidement été balayée. La rue Sainte-Catherine, la gare Saint-Jean, les rives de la Garonne, le tramway, la campagne autour de la ville... tout est prétexte au surgissement de l'horreur, laquelle se fond parfaitement dans le décor. Pour le coup, ce roman est vraiment la preuve que n'importe quel lieu peut être propice à raconter une histoire d'horreur et qu'il suffit d'avoir le bon point de vue sur les lieux pour révéler leurs côtés sombres. À mon avis c'est une bonne leçon pour tous ceux qui ne voient pas plus loin que l'Angleterre ou les États-Unis comme décor.

La quatrième de couverture précise que « les gentils vampires, ça n'existe pas », et Morgane Caussarieu s'applique à le démontrer. Ses vampires sont violents, manipulateurs, pervers, drogués, mais chacun à sa façon, différent des autres sur des détails ou des points plus importants, ce qui évite la lassitude et l'impression d'avoir affaire à des clones. J'ai bien aimé son travail sur les caractéristiques physiques des vampires, qui ne se nourrissent pas seulement de sang, mais aussi de larmes, de sueur, d'urine, de sperme et de cyprine ; tous les fluides du corps humain, en fait. Ça permet de rendre les scènes entre le prédateur et la proie plus intéressantes, plus variées, car il n'est pas juste question d'ouvrir la carotide et de s'abreuver. Les effets du manque de sang, corps froid, de plus en plus sec, de plus en plus maigre, sont assez classiques mais bien utilisés, et on voit bien la différence après que les vampires se soient nourris : la peau plus souple, plus chaude, les chairs plus remplies (ce dernier détail se manifeste particulièrement chez les mecs, car ils ne peuvent bander que lorsqu'ils ont bu suffisamment pour qu'il y ait suffisamment de sang dans les corps caverneux). Un détail qui m'a bien plu, c'est le fait que les vampires ne peuvent pas se droguer, et pour planer ils sont obligés de boire un sang chargé de drogue. Enfin, la description de la transformation d'un humain en vampire est crade mais passe très bien : celui qui la subit vomit tout le contenu de son appareil digestif, puis ses organes internes à l'exception de l'estomac, du cœur et des poumons. En plus de ça, l'auteure revient régulièrement sur l'haleine de ses vampires, chargée de l'odeur du sang et de la viande pourrie.

Mais si Morgane Caussarieu insiste sur la monstruosité de ses vampires, elle n'épargne pas pour autant les humains. Que ce soit au lycée ou à la maison, la violence est toujours là, latente, omniprésente, qu'elle soit tournée contre les autres ou contre soi-même. Et c'est une violence quotidienne, presque anecdotique, connue ou tout du moins soupçonnée de tous, mais contre laquelle personne n'agit, ce qui rend la situation encore plus intolérable pour les victimes. Les réactions de ces dernières sont bien analysées, entre révolte, fatalisme, négation ou acceptation. Et la violence soudaine, inhabituelle, des vampires tend un miroir déformant bien peu flatteur à celle quotidienne et presque invisible des humains. Heureusement, au milieu de cette fange nauséabonde surnagent quelques moments de pure bonté, des personnages aimants, sympathiques, qui ne pensent pas à mal et ne cherchent pas à faire du mal à qui que ce soit.

L'histoire se déroule dans les milieux underground de Bordeaux, qu'il s'agisse de l'enquête sur les morts qui s'accumulent (je ne par le pas trop de cette dernière, mais elle est très bien menée et s'intègre au reste du roman sous souci), ou bien des sorties de Lilly et des vampires. On se retrouve dans des clubs goth, des bars homo, des free party, le monde est peuplé de punks, de skins, de clodos, de drogués... Et on sent bien que Morgane Caussarieu sait de quoi elle parle, notamment en ce qui concerne le punk et la naissance du mouvement goth, avec des référence à la Batcave, à Vivien Westwood, Sid Vicious, Robert Smith ou Siouxsie (et quelques piques bien senties contre les lycéens qui s'habillent en noir et dont la culture musicale s'arrête à Marilyn Manson !). De même, la mention des lacets blancs est discrète mais pose bien le décor.

J'aurais encore beaucoup à dire sur ce livre que j'ai vraiment beaucoup aimé, sur la fin que j'ai trouvé ignoble, car elle ne laisse aucun espoir, où sur le sort du rat de Lilly, mais je crains alors d'en dire trop. Par contre, il va falloir que je me trouve le deuxième roman de Morgane Caussarieu, Je suis ton ombre, dans lequel on retrouve certains personnages centraux de celui-ci.

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« Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi. »

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