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 Sorceleur, tome 2 : L'Épée de la Providence - Andrzej Sapkowski

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MessageSujet: Sorceleur, tome 2 : L'Épée de la Providence - Andrzej Sapkowski   Sam 18 Juil - 11:44

Sorceleur, tome 2 : L'Épée de la Providence de Andrzej Sapkowski


Résumé :
    Le mutant aux cheveux d’albâtre, Geralt de Riv, poursuit sa vie errante d’éradicateur professionnel de monstres fantastiques.
    Fidèle en toutes circonstances à la déontologie de la corporation maudite des sorceleurs et à l’enseignement qui lui a été prodigué, Geralt se résigne au fardeau de sa condition et de sa mission… Mais la rencontre avec la petite Ciri, l’Enfant élue, conférera un sens nouveau à l’existence de ce solitaire mutilé. Geralt cessera-t-il enfin sa fuite éperdue devant la mort pour enfin regarder la providence en face et percer à jour son véritable destin ?


Éditeur : Bragelonne
Date de sortie : Janvier 2008 (parution originale : 1992)
Disponible en format Poche : Oui, chez Milady


Dernière édition par Plume le Jeu 23 Juil - 22:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sorceleur, tome 2 : L'Épée de la Providence - Andrzej Sapkowski   Sam 18 Juil - 11:46

Techniquement, il ne s'agit pas du tome 2, tout comme Le Dernier Voeu n'est pas le tome 1, ces appellations étant plutôt réservées aux romans qui leur font suite. Cependant, cette classification permet de ne pas oublier ces livres dans la saga, alors qu'ils est impératif de le slire avant d'entamer les romans.

Le recueil contient les nouvelles Les limites du possible, Éclat de glace, Le Feu éternel, Une once d’abnégation, L’Épée de la providence, et Quelque chose en plus. D’un point de vue chronologique, elles se déroulent après celles du Dernier Vœu, et seule Le Feu éternel peut, en quelque sorte, se lire de manière indépendante. En effet, certaines comme Les limites du possible, Éclat de glace, et Une once d’abnégation évoquent plus ou moins le lien entre Geralt et Yennefer, tandis que L’Épée de la providence s’étend sur les conséquences de la nouvelle Une question de prix. Quant à Quelque chose en plus, elle aborde les deux sujets.

Le recueil, bien que possédant des nouvelles se présentant sous la forme de quêtes indépendantes, permet de s’immiscer davantage dans l’univers. On y découvre de nouvelles créatures, de nouveaux peuples et, par la même occasion, de nouveaux personnages, mais également de nouveaux enjeux comme les tensions politiques débouchant sur des guerres. Tous ces éléments permettent de dresser petit à petit un tableau, qui servira de fondation à la série de romans se déroulant dans le même monde imaginaire. Ainsi, Andrzej Sapkowski continue de construire la destinée de Geralt, bâtie sur son invocation du droit de surprise lors de la nouvelle Une question de prix, et prendra donc toute son importance dans les prochains récits.

Outre ces événements aménageant la suite, ce recueil comporte deux thèmes aux portées philosophiques, et qui s’avèrent emblématiques de la saga, puisqu’ils cristallisent les pensées du sorceleur.
En effet, plusieurs nouvelles s’attardent sur la condition de Geralt, à savoir, un mutant. Ayant subi diverses épreuves destinant à augmenter ses capacités, la rumeur prétend que les sorceleurs en ressortent dénués de toute émotion. Plusieurs personnages l'affirment devant Geralt, et ce dernier se convint lui-même de la véracité de cette sentence, pensant n'être qu'un golem possédant une mémoire lointaine de ces fameuses émotions.
Ainsi, le sorceleur s’interroge énormément sur sa condition et sur le comportement qu’il doit adopter. Son questionnement le mène à rechercher la compagnie, notamment celle du très loquace Jaskier, afin que la solitude ne le ronge pas de son poids. C’est également cela qui le pousse à faire appel au fameux droit de surprise, consistant à prendre l’enfant qu’un père ne s’attend pas à trouver en entrant chez lui, ne sachant pas sa femme enceinte. En accueillant un enfant pour l’éduquer au métier de sorceleur, Geralt cherche à combler ce vide qui s’est insinué en lui, pourtant, condamner une personne à cette condition, qu’il ne connaît que trop bien, l’empêche de réclamer son dû.
Malgré cela, le lecteur comprend parfaitement que le sorceleur se ment à lui-même, car le protagoniste semble faire preuve d’émotions à plusieurs reprises, mais se contente de les fuir, comme sa destinée, trop effrayé par ce que cela pourrait représenter. Toute cette contradiction de Geralt se ressent énormément dans le dernier récit, Quelque chose en plus, puisque le sorceleur affronte plusieurs de ses souvenirs, pendant des délires liés à l’absorption de substances l’aidant à guérir des blessures d’un combat.
Toutefois, c’est grâce à son désaccord intérieur que Geralt applique un code qui lui est propre. Bien que sa tâche soit d’éliminer des monstres contre rétribution, il se refuse d’être la main qui abaissera le couperet en fonction de la situation.
De cette façon, Geralt affirme ne pas vouloir tuer de dragons dans la nouvelle Les limites du possible. Il n’expose pas ses raisons, mais le lecteur les comprend implicitement, avant de les voir confirmer par Jaskier. De même, durant Le Feu éternel, le sorceleur ne cherche pas à éliminer le doppler, l’arrêtant et le questionnant uniquement parce que cet être apporta des ennuis à une connaissance de Jaskier. On peut également le voir discuter avec une sirène pendant le récit Une once d’abnégation, tout comme il comprend et respecte la rage qui possède les dryades dans L’Épée de la providence, leur existence étant menacée par les humains.
Tous ces éléments exposent le questionnement de la place de l’humanité dans ce monde, et de son droit à gérer la vie des autres espèces. Bien que certaines créatures soient chassées pour les avantages qu’elles peuvent apporter, comme la richesse pour les dragons, l’entêtement dont font preuve les humains envers ces êtres est mû par la peur. Un dragon possède une taille impressionnante et ses attributs représentent un danger ; Un doppler peut se changer en quelqu’un d’autre au point qu’il est quasiment impossible de savoir si la personne en face de soi est un imposteur ou non ; Une dryade est une créature capable de tuer des hommes pourtant entraînés ; Et toutes ces espèces sont suffisamment différentes pour susciter la peur auprès d’un humain.
Ainsi, ne pouvant accepter ces créatures, la réponse à cette potentielle menace est la violence. L’humanité est parfaitement consciente de son impuissance face à d’autres espèces, la preuve la plus radicale étant le combat avec les êtres marins dans la nouvelle Une once d’abnégation, où Geralt conclue admirablement que l’Homme appartiennent à la terre, et non à la mer. Pourtant, bien que ces espèces soient dangereuses, on comprend aisément que la menace ne provient pas toujours du côté que l’on penserait. L’humanité se montre destructrice, privant par exemple les dryades de leur habitat naturel, ou, dans registre assez proche, repoussant les elfes après avoir colonisé leurs terres. De ce fait, observer un sorceleur, se proclamant dénué de toute émotion, épargner des créatures selon un code moral qu’il a lui-même créé, est une véritable leçon, et c'est cela qui fait la force du recueil : savoir diffuser de telles réflexions au sein d'une histoire.

Contrairement au premier recueil, les nouvelles ne se présentent plus comme des parodies de contes de fées, mais l'auteur n'en oublie pas de badiner avec. Ainsi, Éclat de glace évoque La Reine des Neiges, où poésie flirte avec des événements dramatiques, mais le plus amusant demeure le conte rapporté dans L'Épée de la providence. On apprend que le conte Les Cygnes sauvages est la déformation d'une mésaventure : un homme fut transformé en cormoran et fut délivré par le sorceleur. Le maudit avait seulement une sœur, et non onze frères en plus, et l'histoire de la chemise d'ortie levant la malédiction ne fut qu'une tromperie qui abusa l'esprit de la pauvre enfant qui croyait bien faire. On peut aussi noter l'intention de Jaskier à transformer les événements dans la nouvelle Une Once d'abnégation, où une sirène troque sa queue contre des jambes pour vivre son amour avec un humain. Le barde souhaitait que l'histoire raconte que la sirène donna sa voix en échange et n'obtint finalement pas le vœu de vivre avec son bien-aimé, se transformant en écume. Ainsi, les contes sont présentés comme étant des déformations poétiques et grotesques de la réalité.

Finalement, L'Épée de la Providence est un recueil dans la lignée du précédent. L'auteur nous guide à travers son univers, nous faisant avancer petit à petit dans l'histoire et la destinée de Geralt qui prendra toute son importance par la suite, sans pourtant oublier de nous faire réfléchir sur des thèmes sérieux.
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Sorceleur, tome 2 : L'Épée de la Providence - Andrzej Sapkowski

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