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 N'y descendez jamais ! Partie 1 : ABY - Fabrice Liégeois

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MessageSujet: N'y descendez jamais ! Partie 1 : ABY - Fabrice Liégeois   Lun 24 Aoû - 16:32

N'y descendez jamais ! Partie 1 : ABY de Fabrice Liégeois


Résumé :
    "Lwa Chabine" Abigail Richardson est au crépuscule de sa vie. Le cérémonial du Desounien vient de s'achever dans son appartement new-yorkais du numéro 139 de la 129ème rue ouest. Au moment où elle s'apprête à se confesser à toi, les fantômes de son passé reviennent la hanter...


Petit mot de l'auteur :
    On dit des livres qu'ils mènent au cinéma mais si c'était l'inverse. D'après une idée originale et le roman de Fabrice LIÉGEOIS, N'y descendez jamais !, il a été imaginé de ramener le spectateur à la lecture mais pas n'importe comment... Œuvrer pour le monde de l'imaginaire comme le fait d'ores et déjà le septième art et placer le possible futur lecteur à 4 minutes 15 de la première ligne du premier chapitre de l'histoire.
    Court-métrage:
     
    Dans chaque histoire, il y a un début, un milieu et une fin. Cette dernière, personne ne la maîtrise véritablement, ni même l'auteur qui offre en lecture un parcours initiatique dans l'univers new-yorkais d'un quartier, celui de Harlem la noire et d'un personnage, une petite fille prénommée Abigail et qui embrassa un invraisemblable destin. Sur soixante dix ans d'Histoire, sa vie est retracée. De petite fille négroïde exclue et tiraillée entre deux communautés, de ses choix d'adolescente réclamant une justice qui l'a fuie et plus tard, de sa vie de femme, celle d'une matrone tenant de tous ses pouvoirs, une rue, la sienne, celle de la 129ème rue Ouest...
    Au-delà de ce récit, découvrez une facette de la peur, celle à laquelle vous n'êtes pas préparés. Celle-là même qui se cache loin, par là-bas, quelque-part dans les recoins de votre âme et venez l'affronter au travers de cette vie qui ne vous quittera plus jamais. Je me prénomme Fabrice LIÉGEOIS. Je suis né le jour de l'année 1970. J'écris des histoires qui font peur dans noir, qui font mal au-dedans et vous savez quoi ? Moi, je vous prends à l'intérieur et je vous traumatise...


Auto-édition
Date de sortie : 1er août 2015
Disponible en format numérique uniquement
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MessageSujet: Re: N'y descendez jamais ! Partie 1 : ABY - Fabrice Liégeois   Lun 24 Aoû - 16:32

Quant on pense auto-édition, on a souvent ce préjugé comme quoi l'auteur se prend pour un génie incompris alors qu'il s'est fait jeter par les éditeurs, ces derniers étant considérés comme le Saint Graal.
On oublie trop souvent que même au sein de l'édition classique, il y a du moins bon, et que certains livres peuvent être refusés par ce serait une trop grosse prise de risque.
On oublie trop souvent que l'auto-édition peut cacher des perles. Il y a l'exemple de The Martian d'Andy Weir, livre refusé par les éditeurs, publié gratuitement par l'auteur sur son site, avant de proposer une version payante sur Amazon au plus bas prix possible, ce qui attira le regard des éditeurs.
Ici, nous avons affaire à un livre qui a du potentiel. Bien qu'ayant l'apparence classique d'un témoignage, ce livre réveille effectivement des sentiments qui nous blesse et nous attriste.

Mais commençons par le début.

Dans une pièce sombre, à la lueur d’une bougie, Abigail Richardson nous interpelle afin de nous emporter dans le flot de ses souvenirs. Au cours de cette première partie, elle nous conte son enfance du 6 janvier 1939 en Louisiane, jusqu’au 1er août 1943 à New York.
À cette époque, Aby est une petite fille victime de discrimination à cause de son apparence. En effet, bien qu’issue d’une famille noire, l’enfant est une métisse à la peau claire et au regard d’opale. Considérée comme une abomination aussi bien par l’oppresseur blanc que par la communauté noire, Aby est également victime de maltraitance par son père alcoolique.
Au cours de ces quatre années décrites, nous suivons son combat pour s’endurcir face à l’adversité, et son fol espoir d’être un jour aimée par son géniteur, mais nous constatons avec désarroi que la pauvre enfant aura connu bien des horreurs.

En visionnant le court-métrage, on peut penser à un livre d'horreur/fantastique, pourtant, si l'horreur est bien présente dans ce roman, ce n'est pas l'horreur avec laquelle on aime frissonner. C'est l'horreur de la réalité.
Comme dit précédemment, le livre est présenté sous la forme du témoignage d'Aby, exceptés certains segments étrangers destinés à une meilleur compréhension du lecteur. Il y a notamment un passage où si l'on compare le ressenti de l'enfant et ce qu'il s'est déroulé véritablement, il y a fort à parier que le lecteur serait un peu perdu et croirait à un plongeon dans le fantastique. Bref, avec un récit à la première personne, on assiste à l'histoire avec compassion. L'histoire de cette petite fille ne peut que nous toucher car elle n'est pas qu'une simple fiction : elle est l'écho de notre passé et de notre présent.

C'est par ses thèmes que le roman s'ancre dans notre réalité. Compte tenu de l'époque et des personnages, le racisme est un point important de l'histoire. Le début se déroule en Louisiane, un État qui faisait partie des États esclavagistes, et même si cette pratique est censée être abolie, les Blancs perpétuent leur oppression, notamment lors d'attaques nocturnes sous le masque du KKK. Cependant, on observe aussi un élan de discrimination interne, avec les Noirs qui montrent leur dégoût envers l'héroïne à cause de sa couleur de peau différente. Ainsi, lorsque la petite famille quitte le bayou afin de se rendre à New York, c'est l'espoir d'une meilleure vie qui l'anime, en vain. Le livre met notamment en scène l'émeute de 1943.
On pourrait penser que tous ces événements appartiennent au passé, pourtant, la situation actuelle tend à prouver que l’Histoire se répète, en témoigne les pics de violence dont sont victimes les États-Unis. On peut noter par exemple l’affaire Michael Brown en 2014, les émeutes à Berkeley la même année, ou encore celles de Baltimore en 2015. C'est en cela que N’y descendez jamais ! n’est pas seulement une fiction, mais un écho des souffrances d’hier et d’aujourd’hui.

On peut également noter le thème de la maltraitance. La famille Richardson est composée de huit membres : les parents et leurs cinq filles, ainsi que la grand-mère paternelle. Un seul homme au milieu de toutes ces femmes, et pourtant, il est celui qui leur fait vivre un véritable enfer. Non content d'être alcoolique et de dépenser son revenu dans la boisson plutôt que dans les besoins de sa famille, le père est abusif, en particulier envers Aby qui protège ainsi ses petites sœurs. L'auteur ne nous épargne aucun détail sur les mauvais traitements qu'inflige le père et le lecteur se sent terriblement impuissant face à ce qu'il lit.
Ce qui est d'autant plus malheureux, c'est que l'histoire se déroule à une époque où le patriarcat est bien plus imposant qu’aujourd’hui. Ainsi, les femmes de cette famille demeurent soumises à la volonté de cet homme, n’obtenant aucun droit, ne serait-ce que celui d’être écoutées. On le remarque notamment lors de l’interrogatoire de la police sur les événements du 7 décembre 1942. Seule la version du père a été validée, la mère étant ravagée par l’impossibilité de raconter leur bataille quotidienne et résumant parfaitement la situation avec cette phrase : « Les plus faibles sont toujours écrasés… ».
Une fois de plus, le livre nous conte une horreur qui n'appartient pas seulement au passé, puisque de nos jours, bon nombres d'enfants sont maltraités, et pas seulement par leur père. Vu le contexte du livre, l'auteur a choisi ce schéma, mais si l'on s'intéresse à ses autres écrits, ses nouvelles, on comprend que c'est la maltraitance en générale qu'il désire dénoncer, car elle n'est pas l'apanage de l'homme.

Outre les thèmes, il y a également des détails qui insufflent du réalisme à cette histoire. L'auteur a pris soin d'intégrer des éléments qui font vivre les personnages, notamment au niveau du langage. À de nombreuses reprises, le lecteur pourra voir apparaître des phrases en créole, puis traduites afin de faciliter sa compréhension. Néanmoins, ces paroles sont réservées à des instants significatifs, tels les mises en garde de la grand-mère. Toutefois, lors de dialogues en français, certains mots sont également écrits en créole ou, du moins, de façon à reproduire les sonorités de cette langue, transportant ainsi le lecteur pour le familiariser et l’imprégner de cette culture.
De même, nous pouvons remarquer le soin pris pour décrire la religion vaudou. En effet, nombreux sont les supports qui ont simplifié cela en des poupées sur lesquelles on plante des aiguilles afin de jeter une malédiction. Ici, nous apprenons l’existence des Loas, ces esprits intermédiaires entre le Créateur et les Hommes. On y découvre plus particulièrement un Petro aux yeux rouges, cette couleur étant associé à cette catégorie d’esprit. Nous assistons également au rituel de l’Adoration, la grand-mère étant une mambo, c’est-à-dire une prêtresse devant interpréter les volontés des Loas et guider les cérémonies en leur honneur. De par sa condition, ce personnage semble d’ailleurs en savoir bien plus que les autres, comme si elle était une narratrice omnisciente de l’histoire, mais ce n’est qu’à la fin du livre que le lecteur comprend les nombreux indices dissimulés par la vieille femme.

Bref, ce livre n'est peut-être pas d'une originalité débordante concernant le contexte de son histoire ou ses thèmes, mais la plume de l'auteur parvient à nous prendre les tripes avec ses descriptions poétiquement sordides. On aimerait se fondre dans les pages pour arracher l'héroïne à cet enfer, mais on ne peut que réfléchir sur la cruauté humaine.
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MessageSujet: Re: N'y descendez jamais ! Partie 1 : ABY - Fabrice Liégeois   Dim 13 Sep - 17:45

Suite à la lecture de la suite du roman, je pense que ce sujet aurait sa place dans la catégorie Policier et Thriller car le récit devient justement un thriller.
Si un modo passe par ici, je lui serai très reconnaissante d'effectuer ce déplacement. Désolée du dérangement ^^'
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N'y descendez jamais ! Partie 1 : ABY - Fabrice Liégeois

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