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 Renaissance, tome 1 : Kimiko aux Enfers - Thierry Gagnon

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MessageSujet: Renaissance, tome 1 : Kimiko aux Enfers - Thierry Gagnon   Ven 20 Nov - 17:07

Renaissance, tome 1 : Kimiko aux Enfers de Thierry Gagnon


Résumé :
    Prise au milieu d’un conflit millénaire entre les dieux de l’Olympe, Kimiko doit traverser les Enfers grecs et trouver le moyen de sauver les âmes de ses parents, injustement condamnés à une après-vie qui n’est pas la leur. Armée seulement de son courage et de son téléphone, elle devra faire face aux monstres terrifiants, aux hordes d’âmes désespérées, et aux dieux à bout de nerfs qui se dresseront sur son chemin.

    C’est ainsi que commence une vaste épopée qui explore la collision entre le monde des légendes et le nôtre.


Éditeur : NUM Éditeur
Date de sortie : 7 janvier 2015
Disponible en format papier et numérique
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MessageSujet: Re: Renaissance, tome 1 : Kimiko aux Enfers - Thierry Gagnon   Ven 20 Nov - 17:07

J'ai placé le livre dans fantastique mais je ne sais pas s'il y aura besoin de le bouger ou pas. L'histoire commence dans notre monde avant de se dérouler dans les Enfers grecs. Par ailleurs, les dieux grecs interviennent, mais cela ne semble pas un phénomène habituel, d'où mon choix de le placer dans fantastique.

Cette lecture fut l'objet d'un service de presse, je vous mets donc ma critique dans son intégralité.
TL;DR : Mon impression est en demi-teinte. J'ai vu de bonnes idée,s mais leur exécution ne m'a pas convaincue. Après, je sais que jusqu'à présent, je suis la seule à ne pas avoir trop apprécié, le livre étant un coup de cœur pour d'autres lecteurs.


Kimiko aux Enfers est le premier tome de la série mythologique Renaissance de Thierry Gagnon. Projet en collaboration avec Mathieu Pigeon et datant de 1998, il fut d’abord envisagé comme une bande dessinée avant d’être finalement transposé à l’état de roman. Quelle est donc l’intrigue de ce premier opus ?

Kimiko Sakaï est une jeune fille de douze ans qui effectue un voyage touristique en Grèce, en compagnie de ses parents Akihiro et Mariko. Alors que leur visite du Parthénon s’achève sous une pluie torrentielle, Kimiko se voit obligée de retourner sur le site des ruines pour y récupérer son téléphone portable égaré. À cet endroit, elle se retrouva au milieu d’un conflit entre le Titan Prométhée et le dieu Hermès, sans en comprendre les enjeux et pensant que les deux hommes font partie d’une troupe de théâtre.
Le petit groupe fut rapidement rejoint par les parents de Kimiko et, ces derniers arrivant à la même conclusion que leur fille, Akihiro eut donc le malheureux réflexe de photographier ceux qu’il croyait être des artistes. Ébloui et surpris par le flash, Hermès agita son caducée de façon à ce que les serpents enroulés puissent le défendre, action qui se solda par la mort des deux époux.
Après cet incident, une horrible idée germa dans l’esprit du dieu messager afin de piéger Prométhée. Ainsi, il emporta l’âme de ses victimes aux Enfers, suivi de près par Kimiko qui servit d’appât au Titan désireux de protéger les humains, les entraînant donc dans un voyage dantesque dont il est le maître.

Kimiko aux Enfers nous propose une excursion au cœur de la mythologie grecque, en s’attardant plus particulièrement sur le personnage de Prométhée, ce Titan ayant dérobé le feu afin de le donner aux Hommes. Chaque religion possède une histoire concernant la transmission de la connaissance, nous sommes, par exemple, coutumiers de la version incluant Adam et Ève. Cependant, la mythologie gréco-romaine est intrigante sur ce point puisque celui qui délivre la connaissance est un dieu, ce qui va à l’encontre de l’adoration que les divinités ont tendance à exiger – il suffit de voir les châtiments réservés aux mortels pour ce qui est considéré être une offense.
Ainsi, Thierry Gagnon exploite cet aspect paradoxal en développant un Prométhée athée ayant érigé une barrière entre les Hommes et les dieux, ces derniers subissant donc un exil forcé. Depuis, le Titan se promène sur la terre, sous l’apparence d’un homme d’une taille imposante, et divulguant son savoir aux civilisations primitives. Une idée qui permet de moderniser les anciens mythes, mais également de les aborder dans une histoire se déroulant à notre époque, celle-ci étant représentée par le personnage de Kimiko.

Grâce à cela, Kimiko aux Enfers nous présente un élément intéressant, à savoir le fossé existant entre les générations ainsi que l’évolution des religions L’héroïne est une jeune fille ne prenant pas goût aux anciennes cultures. Son comportement durant la visite est assez éloquent à ce sujet puisqu’elle a les yeux rivés sur son téléphone, les écouteurs vissés dans ses oreilles, et ponctue le récit du guide par ses interventions insolentes. De plus, elle ne semble pas connaître les bases de la mythologie grecque puisque les noms de Prométhée et Hermès lui sont parfaitement inconnus.
Son attitude est à mettre en parallèle avec celle du dieu messager. En effet, Hermès, lors de son arrivée, s’attend à être reçu avec tous les honneurs qu’il se doit, sa déception étant donc importante, d’autant plus que les lieux de cultes sont à présent en ruine. Son exil l’a écarté de tout le progrès effectué par les humains – le flash de l’appareil photographique lui fait croire à une attaque de foudre –, tout comme des changements d’adoration – le monothéisme étant plus largement répandu –, ce qui rend son existence même totalement obsolète, n’étant plus qu’un mythe vivant.
Prométhée est en quelque sorte le pont liant ces deux mondes qui autrefois ne faisait qu’un, chose ironique puisqu’ils se sont éloignés suite à ses actions. Le Titan devient conteur, enseignant son savoir des mythes à Kimiko, un peu à la manière de l’auteur finalement. Toutefois, il ne laisse pas Hermès en reste puisqu’il démontre l’avancée des êtres humains, notamment lors du marchandage de la traversée du Styx. N’ayant pas la précieuse obole, Prométhée explique que l’argent n’est plus une affaire de pièces d’or, mais de papier et de promesses.
Tout ce thème est à rapprocher du rapport entre évolution et déchéance. Du point de vue du dieu messager, le monde actuel est en perdition et l’on peut accepter sa pensée si l’on regarde l’aspect culturel. Qu’une telle partie du patrimoine soit en ruine et subissant des dégradations, tout comme le désintérêt croissant des jeunes générations est extrêmement regrettable. Cependant, le modèle de pensée antique n’est pas exempt de défaut, on peut notamment le constater dans les termes avec lesquels s’adresse Hermès à Kimiko, la traitant de barbare et d’impie. De même, l’évolution technologique est un avantage considérable, mais l’utilisation de certains savoirs est condamnable, un exemple parlant étant la bombe atomique.

Malheureusement, toutes ces bonnes idées s’avèrent gâchées par des choix rendant la lecture parfois irritante, parfois lassante.
Comme évoqué précédemment, l’héroïne est une jeune fille de douze ans, étant donc dans la période de la préadolescence. Si son comportement impertinent permet effectivement d’aborder le fossé des générations, il n’en demeure pas moins énervant et stéréotypé. Ne prenant aucun intérêt à ce qui l’entoure, Kimiko préfère envoyer des SMS de plaintes à ses amies, écouter sa musique, et défier l’autorité de ses parents. Au cas où le message ne serait pas clair, son accoutrement est également constitué d’un t-shirt orné d’une tête de mort. La jeune fille commence donc déjà sa crise d’adolescence, ce qui semble la dénuer totalement de bon sens puisqu’elle prend un malin plaisir à prononcer ses pensées insolentes à voix haute et à provoquer les autres personnages, et ce, même si le danger est imminent. Il est tout de même dommage de constater que l’écrasante majorité des romans contenant des enfants proches de l’adolescence, se contente de les décrire en rébellion sans chercher à diversifier le sujet.
De manière générale, Kimiko aux Enfers souffre de lourdeur suite à la volonté d’insister sur certains éléments. Le comportement de l’héroïne en est la preuve, mais on peut également noter les troubles atteignant Hadès, dieu des Enfers. Son exil eut des répercussions sur son royaume, ce dernier devenant une terre désolée et fuie par les âmes. De même, sa femme Perséphone était incapable de retourner à la surface durant les six mois convenus. Hadès ne fut pas épargné personnellement, puisque le dieu souffre de pathologie hémorroïdaire, une touche d’humour qui permet de relativiser l’importance d’une telle divinité, mais également de poursuivre l’idée de déchéance. Néanmoins, était-il nécessaire de s’attarder autant sur ce détail ? L’auteur nous conte par quels moyens Hadès chercha à se soigner, faisant appel à toutes ses connaissances possédant un savoir en médecine ou un don de guérison, mais également à quel point Perséphone se plaît à lui rappeler sa faiblesse, tout comme chaque dialogue incluant le dieu des Enfers est ponctué de phrases évoquant sa douleur. Un sentiment de lourdeur et de lassitude finit pour nous emparer face à tant d’acharnement, tandis que l’histoire ne semble pas avancer.

La narration apporte également son lot de défaut. Si le style d’écriture est plutôt fluide, on peut tout de même noter certaines répétitions assez maladroites ou des choix de dialogues complètement surréalistes.
Toujours en rapport avec Kimiko, même en faisant l’effort d’accepter son comportement, il est assez inimaginable qu’une personne puisse envoyer un SMS tel qui suit dans une situation pareille :

    au secour je me suis fait kidnapé et mes parents sont mort je pense o_o


Bien que le personnage soit âgé de douze ans, cette réaction semble artificielle. Un autre dialogue est assez parlant à ce propos :

    — Fais-la taire, Titan, je t’ai averti ! Maintenant que tu es en mon pouvoir, cette fillette ne m’est plus d’aucune utilité. Je la traîne avec nous que pour te tenir occupé. Si tu désires la garder comme animal de compagnie, je t’avise de la mettre sous muselière, sinon…
    — Quoi ? Un animal de compagnie ? Hé bien, voici ce qu’il te dit, l’animal de compagnie : OUAH ! OUAH ! OUAH ! aboya Kim.


Ces éléments brisent véritablement la suspension d’incrédulité tant ils sonnent faux, et s’il s’agit d’une tentative d’humour, elle est foncièrement gauche. On peut également noter le moment où Kimiko se fait réprimander par Prométhée concernant son attitude, la jeune fille s’imposant ainsi une réflexion assez longue pouvant se résumer en la phrase « je commence ma crise d’adolescence », ce que le lecteur avait déjà compris depuis longtemps avec plus ou moins de douleur.
Toutefois, si le récit se déroule selon le point de vue des personnages phares des chapitres, un narrateur omniscient est également présent, son apparition notoire se trouvant au début du deuxième chapitre. Si son but est de nous apporter plus ample information sur la situation et les lieux, son ton paternaliste est assez dérangeant. Il est agréable de lire une description des Enfers respectant le mythe d’origine, il est moins plaisant d’avoir l’impression de suivre le cours d’un professeur qui aurait affaire à des êtres aussi peu renseignés que Kimiko.
Par ailleurs, ce narrateur semble aussi détenteur des justifications de certains choix, incarnées par cette phrase :

    Après tout, nous ne sommes pas à une invraisemblance près dans cette histoire.


Une affirmation qui voudrait s’arroger le pouvoir de contrer toutes les argumentations possibles allant à l’encontre de l’univers établi dans le roman. Malheureusement, inclure des mythes, des dieux, et autres éléments imaginaires ou magiques n’empêche pas le récit de devoir répondre à une certaine logique interne. Si cette phrase a peu d’importance dans son contexte, sa présence n’en demeure pas moins gênante puisqu’elle peut devenir le joker à toute situation invraisemblable, même dans un tel univers.

Finalement, Kimiko aux Enfers est un roman en demi-teinte. Si certaines idées s’avèrent très intéressantes, leur développement dans le récit est empreint d’une maladresse plus ou moins pesante.
C’est plutôt regrettable puisque Thierry Gagnon partait d’un bon pied avec un respect de la mythologie utilisée jusqu’au moindre détail – la présence de la bague que Prométhée est condamné à porter en est une preuve –, et une modernisation de ces mêmes mythes – le triumvirat installé après le renversement de Zeus est très bien pensé. Malheureusement ce ne fut pas suffisant et le roman ne nous laisse pas véritablement entrevoir la vaste épopée que nous promet sa quatrième de couverture.
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