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 N'y descendez jamais ! Partie 4 : Coup n'ame - Fabrice Liégeois

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MessageSujet: N'y descendez jamais ! Partie 4 : Coup n'ame - Fabrice Liégeois   Dim 6 Mar - 21:08

N'y descendez jamais ! Partie 4 : Coup n'ame de Fabrice Liégeois


Résumé :
    La tempête Sandy frappe New York de plein fouet en cette fin octobre 2012. Montée des eaux, dégâts couteux à la mégalopole. Mathis Charrier, tout fraîchement promu correspondant de presse dans cette ville démarre son aventure américaine sur des chapeaux de roues.

    Débarquant dans une rue, la 129ème rue Ouest au numéro 139, il rencontre l'une des habitantes de l'immeuble dès son arrivée. Une vieille femme métisse que l'on appelle Aby. Son regard pâle de l'opale ne le trompe pas.

    ― Aby, racontez-moi votre histoire...

    Leur destin s'est ainsi scellé...


Auto-édition
Date de sortie : À venir.
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MessageSujet: Re: N'y descendez jamais ! Partie 4 : Coup n'ame - Fabrice Liégeois   Dim 6 Mar - 21:08

Ce livre me fut proposé en service de presse par l’auteur lui-même. Je le remercie pour cette attention qui m’a fait découvrir en avant-première la fin de son roman.

Point d’orgue de toute cette histoire, Coup n’ame se déroule quatre décennies après les événements de la troisième partie. Abigail Richardson est à présent une vieille femme de 79 ans qui vit toujours dans la 129e rue au cœur de Harlem. Son fils Aaron, ayant pris le nom de famille Williams, est devenu le propriétaire de l’immeuble où tant d’horreurs se sont déjà produites, pourtant, la vie n’est pas au bout des surprises qu’elle peut apporter.
En effet, Mathis Charrier, un jeune journaliste français, s’est vu offrir une promotion à New York. Ne possédant pas énormément de revenus, il décida de s’installer dans un appartement peu onéreux qui, par un caprice du destin, se trouve être loué par Aaron. Mathis devient donc un voisin d’Aby, l’ironie du sort voulant que le grand-père de ce jeune homme ne soit autre que Lawrence Deckard, le policier ayant sauvé notre héroïne des ignominies de la cave au prix de sa propre vie.

Marinèt Bwa Chech se terminait sur deux scènes à la fois angoissantes et intrigantes. D’une part, nous voyions Aby ouvrir les yeux sur le monstre qu’était devenu Aaron, ce dernier l’obligeant notamment à signer des papiers lui garantissant la position de propriétaire de l’immeuble avant de couper tout lien avec sa mère ; et d’autre part, des années plus tard, nous voyions Aby, tachée de sang, s’adresser à quelqu’un au sujet même du récit qui nous est conté, tout en étant interpellée par la police.
Le lecteur était alors en proie à plusieurs interrogations, l’une d’entre elles surpassant certainement les autres : quelles actions ont pu s’écouler entre ces deux événements pour qu’Aby se trouve dans une telle posture ? Coup n’ame lève le voile sur les zones d’ombres, mais ne manque pas de nous faire réfléchir durant le processus.

Cette fraction de l’histoire se déroule en 2012, une période bien plus proche de nous et que l’on pourrait considérer comme meilleure que celles déjà présentées auparavant. Barack Obama est président des États-Unis, une avancée plutôt considérable puisqu’il s’agit du premier Président noir. De même, le quartier de Harlem a pu se relever de la crise dans laquelle il avait sombré. Il semble donc que ce soit dans une atmosphère plus sereine que débute cette conclusion, impression soutenue par le fait que quarante années se sont écoulées depuis notre dernière entrevue avec Abigail.
Toutefois, ces éléments ne sont que la partie visible de l’iceberg et, une fois que l’on gratte un peu le vernis, des problèmes refont surface. À l’image de l’ouragan Sandy qui dévasta de nombreuses vies sur son passage cette même année, Coup n’ame nous montre que certains éléments du passé imprègnent le futur d’une trace qui est tout à fait à même de détruire de nouvelles existences.

Ainsi, les divers traumatismes d’Aaron qui l’ont déjà poussé à haïr les Blancs, se répercutent sur les personnes qui entrent en contact avec lui. On peut noter ce chauffeur de taxi qui exprime bien son désir de ne faire que son métier, peu importe la couleur de peau de son client, mais qui ne pourra avoir la force de s’opposer à la volonté de Williams, et ce, même si le contexte entre les deux peuples apparaît moins envenimé qu’autrefois. Ce genre de comportement se situe aussi dans le sens inverse, puisque l’équipe de police répondant à l’appel de détresse durant Halloween ne semble pas vraiment impliquée dans son intervention, cédant à la réputation de la 129e rue.
Un spectre d’intolérance plane donc sur chacun, malgré les mesures prises pour en effacer toute marque. Chose que l’on retrouve encore aujourd’hui de façon exacerbée avec les différents cas de violences qu’ont subi récemment les États-Unis, le présent étant hanté par les blessures du passé.

Cet état de fait n’est pas seulement valable pour le racisme, mais également pour la maltraitance dont nous avons déjà été témoin. Si Marinèt Bwa Chech nous faisait comprendre que le fils d’Aby souffrait des mêmes tares qu’Antawn, cette quatrième partie nous prouve que les choses vont aussi loin que l’on pourrait le penser, à notre grand regret.
En effet, après la mort de sa femme, Lisa, et l’abandon de son fils, Moe, Aaron décida de se trouver une nouvelle épouse. Sheila Curtis eut donc le malheur de croiser sa route et de mettre au monde une fille avant d’être tuée par son homme. La petite Martha fut donc condamnée au même sort que l’héroïne : endurer les assauts sexuels de son père jusqu’à porter son fruit.
À ce stade, le récit pourrait être représenté par le symbole de l’Ouroboros. Les personnages sont prisonniers de ce cycle voué à se répéter sans cesse, et tels les acteurs d’une tragédie grecque, leur destin est lié jusqu’à leur mort dans le même drame qui a débuté l’histoire, malgré leurs tentatives pour sortir de ce cercle infernal.

Ces thèmes, aussi dérangeants qu’ils soient, sont toujours ancrés dans notre société et l’intégralité de N’y descendez jamais ! est une dénonciation de ces travers qui auraient dû disparaître depuis longtemps. Bien entendu, il n’y a pas de solution miracle et chaque situation doit être jugée au cas par cas, mais Fabrice Liégeois nous rappelle que nous pouvons tous agir, chacun à notre petit niveau. Pour cela, il suffit de faire preuve d’un peu de courage.
Coup n’ame met énormément l’emphase sur la notion de lâcheté, chose que l’on pouvait déjà ressentir dans les parties précédentes et tout particulièrement à la fin de Lwa Racine, où Aby est dégoûtée de voir toutes ces personnes qui n’ont jamais oser se lever contre son père, déambuler devant elle à la fin supposée de son calvaire. L’être humain possède la fâcheuse tendance à fermer les yeux devant l’ignoble, sans oser se dresser contre lui. N’y descendez jamais ! aborde des sujets assez spécifiques et très durs, mais d’autres cas considérés comme plus minimes sont tout autant visibles autour de nous sans que personne n’agisse, bien que ces situations puissent être tout autant traumatisantes.
Plusieurs scènes du roman sont volontairement choquantes et nous retournent considérablement, mais l’auteur ne cherche qu’à nous faire ressentir l’horreur et la solitude qu’éprouvent les victimes. Il n’est donc pas étonnant de découvrir des statistiques sur la maltraitance en guise de paratexte, afin d’accentuer notre prise de conscience. Le message est limpide : il appartient à chacun de combattre l’ignominie, « les plus faibles sont toujours écrasés » se lamentait la mère d’Aby, mais la solidarité peut changer cela.

Concernant les autres aspects du récit, Coup n’ame se déroule avec beaucoup de justesse. Les événements s’enchaînent avec logique et Fabrice Liégeois parvient parfaitement à nous exposer les différentes émotions des personnages. La scène de l’avion est d’une grande maîtrise puisque l’angoisse est véritablement palpable.
De même, le thème de la folie est développé de telle sorte à perdre le lecteur, comme s’il devenait lui-même atteint de ce mal, notamment en approuvant certains actes d’Aby, malgré sa perte progressive de raison. Par exemple, en découvrant ce qu’il est advenu de Moe, le lecteur est en proie à multiples questions pouvant se résumer en une : l’héroïne n’avait-elle pas raison de vouloir lui épargner cette vie dans la partie précédente ?
Néanmoins, c’est par le biais de la narration que tous ces éléments au sujet de l’aliénation deviennent si percutants.

En effet, depuis le début de l’histoire, le récit nous est présenté comme un témoignage de la part d’Aby. Pourtant, son discours est entrecoupé de passages effectués selon d’autres points de vue. Compte tenu du statut d’Abigail, on pourrait penser que ce sont ses pouvoirs de magicienne qui lui permettent de connaître certaines scènes qu’elle n’a pas vécu. Hypothèse que l’on peut avoir jusqu’au moment où l’on comprend qu’Aby pourrait tout simplement n’être qu’une personne souffrant de schizophrénie. Ainsi, les autres points de vue ne sont que des changements classiques de narration.
Cette idée se renforce dans les actions de l’héroïne, mais se transmet également dans le trouble grandissant du témoignage. Plus le lecteur avance dans la quatrième partie, plus il lui sera difficile de savoir qui est véritablement maître du texte. Certains passages semblent bien contés par Aby, mais ils se mêlent à d’autres qui ne le sont pas, ce qui inclut donc une notion de désordre dans le discours, comme peut l’être celui de la folie. Ce choix est donc très bien pensé et sert correctement l’histoire, mais le résultat s’avère assez perturbant pour le lecteur qui peut se perdre dans ce labyrinthe, l’obligeant donc à relire certains paragraphes afin d’être sûr d’avoir bien tout compris.
Par ailleurs, certaines phrases s’apparentent davantage à des interventions de l’auteur bien qu’elles soient attribuées à l’héroïne. Il est ainsi difficile de savoir si cette femme a conscience du lecteur ou s’il ne s’agit que d’un débordement de l’auteur. Cette impression pouvait déjà être ressentie durant les parties précédentes, mais Coup n’ame accentue cela notamment par le biais de phrases bien plus familières, voire grossières, qui n’étaient pas tant présentes auparavant. Est-ce donc Aby qui n’en peut plus et explose de haine, ou est-ce l’auteur qui s’emporte tant le sujet lui tient à cœur ? Il est parfois difficile de faire la différence entre les deux.

Finalement, Coup n’ame est une excellente conclusion à cette histoire puisqu’elle apporte les réponses qu’il nous manquait, notamment concernant le court-métrage, mais tout laissant planer le doute où il faut. Il est cependant dommage de constater que le personnage de Mathis ne fut pas tant exploité que cela. Ses origines annonçaient pourtant quelque chose de prometteur, mais son traitement se trouve bien plus modeste, réduit à celui d’élément déclencheur.
Le rideau se ferme donc sur cet immeuble aux briques pourpres, symbole de l’horreur dont il fut témoin, mais comme toute pièce de théâtre, cette histoire est destinée à se répéter. En cela, N’y descendez jamais ! est une œuvre qui laisse un goût amer dans la bouche tant elle incite à réfléchir sur ces maux qui ne sont pas seulement le fruit de l’imagination d’un auteur.
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N'y descendez jamais ! Partie 4 : Coup n'ame - Fabrice Liégeois

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